Richard Béliveau est chercheur, titulaire de la chaire en prévention et traitement du cancer à l’Université du Québec à Montréal. Il a été parmi les premiers à s’intéresser à la prévention du cancer par l’alimentation, en expérimentant en laboratoire les effets de différents produits alimentaires sur les tumeurs. Pour guerir.fr il revient sur la controverse sur le soja, qui n’en finit pas d’opposer ceux qui prêtent à cette légumineuse des effets pro-cancer, parce qu’elle contient des phyto-oestrogènes, et ceux qui affirment au contraire qu’elle détient des principes actifs anticancer, comme lui-même et David Servan-Schreiber.
Guerir.fr : Certaines conclusions recommandent de ne pas consommer de soja, notamment sous forme de compléments alimentaires, afin d’éviter des risques de cancer hormono-dépendants. Qu’en pensez-vous ? Richard Béliveau : on ne peut extrapoler les données obtenues à partir de suppléments d’isoflavones à celles dérivant de l’ingestion d’aliments à base de soja. Les études in vitro ont leurs limites. Il faut se rappeler que les asiatiques consomment environ 40-60 g de soja par jour, ce qui correspond à un maximum de 60 mg d’isoflavones. L’absorption et la distribution des isoflavones diffèrent certainement étant donné la matrice dans laquelle sont contenues les isoflavones et ces différences peuvent entraîner des effets très distincts. La pharmacocinétique est très différente. Guerir.fr : Est-ce que les femmes atteintes par un cancer du sein notamment doivent éviter le soja ? Richard Béliveau : Il n’y a évidemment aucun doute que les femmes qui combattent ou qui ont combattu un cancer du sein doivent éviter les suppléments d’isoflavones. Pour ce qui est des femmes en bonne santé, l’hypothèse selon laquelle ces molécules pourraient stimuler la croissance de microtumeurs latentes ER+ doit être confirmée par un plus grand nombre de données. Si c’était le cas, les japonaises qui consomment du soja tous les jours développeraient beaucoup plus de cancer du sein que les occidentales… Guerir.fr : S’il n’est pas dangereux, le soja est-il utile dans la prévention des cancers ? Richard Béliveau : Les données récentes indiquent que les effets protecteurs du soja sont assez faibles lorsque ces aliments sont ajoutés à l’alimentation de femmes adultes. Une exposition péri-puberté est nécessaire pour maximiser l’effet protecteur. À mon avis, les recommandations devraient à l’avenir cibler en priorité les parents afin de les sensibiliser à l’importance d’intégrer le soja aux habitudes alimentaires de leurs enfants le plus tôt possible. Guerir.fr : Au total, la controverse sur les effets positifs ou négatifs du soja laisse beaucoup de femmes hésitantes. Peut-on les rassurer ? Richard Béliveau : Cette controverse nous fait trop souvent oublier un aspect fondamental associé au soja : les asiatiques ont un taux de cancer du sein environ 6 fois moins élevé que les occidentales. La consommation de soja n’est certainement pas responsable à elle-seule de cet effet protecteur mais il faut tout de même cesser de prétendre que cet aliment est dangereux. L’épidémiologie est importante. Propos recueillis par Christophe Béguin, Journaliste Photo : uqam.ca
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marielea
merci à christophe qui a eu l’idée d’aller à la bonne source pour nous informer et donner un second avis précis, clair! pas de bla, bla, des conseils! un très grand merci au docteur Béliveau dont je suis une fan !maintenant nous savons à quoi nous en tenir!
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azerty
Merci pour toutes ces infos !
J’ai encore une question : j’ai bien compris qu’il fallait se méfier des supplémentations, mais une femme ayant eu un cancer du sein hormono-dépendant peut-elle consommer du soja sans risque, c’est à dire boire du lait de soja ou manger du tofu ? Ca, je n’ai trouvé la réponse nulle part.
Merci d’avance
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christine
Cf l’excellent livre du Dr Bérengère Arnal "Comment enrayer l’épidémie des cancers du sein".
Quant aux "compléments alimentaires", il ne faut pas oublier que ce sont quand même des phyto médicaments à prendre donc sous avis médical. Le plus difficile c’est de trouver des médecins formés en phyto, mais ils existent !
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benlevelo
En ce moment:
on tient bon !
Je ne sais pas si vous pensez de + en + comme moi mais il m’est d’avis que pour être certain à 100% de ne pas faire d’erreur, nous devrions totalement éviter toute prise de comprimés dit "naturels". Il ne se passe pas une semaine sans qu’une étude scientifique nous démontre noir sur blanc soit la non efficacité soit le danger de ce que nous croyons comme étant excellents pour nous, pcq c’est "naturel".
J’en viens donc à la conclusion suivante: tout est dans notre assiette, point à la ligne ! Économisez donc vos sous (centimes)!!
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azerty
Salut Ben,
J’en suis arrivée à la même conclusion que vous, il ne faut pas prendre de complémnents alimentaires, naturels ou pas. Il semble bien que l’organisme ne les assimile pas comme lorsque ces éléments bénéfiques sont contenus dans les aliments.
Vous avez raison, tout est dans l’assiette !
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azerty
Salut Ben,
J’en suis arrivée à la même conclusion que vous, il ne faut pas prendre de complémnents alimentaires, naturels ou pas. Il semble bien que l’organisme ne les assimile pas comme lorsque ces éléments bénéfiques sont contenus dans les aliments.
Vous avez raison, tout est dans l’assiette !
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