Les conclusions du rapport remis par la sénatrice du Nord, Marie-Christine Blandin, sur les risques pour la santé de l’exposition aux substances chimiques courantes est sans appel: il y a urgence. L’air ambiant que nous respirons dans les lieux d’habitat, les moyens de transport et les lieux publics fermés est saturé de produits chimiques qui, pour certains, sont très agressifs pour la santé. Du côté des industriels de la chimie, la réponse ne change pas : « circulez, y a rien à voir ».
La sénatrice Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord et membre de l’office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, vient de remettre un rapport à ses collègues, commandé par le président du Sénat, sur les risques pour la santé de l’exposition à des substances chimiques d’usage courant dans l’air intérieur. Le rapport, dont les conclusions ont été approuvées par un vote à l’unanimité, pointe les différentes sources de polluants dans l’air ambiant des habitats, des transports ou des lieux accueillant du public. Il tire la sonnette d’alarme quant au danger que représente l’exposition répétée à plusieurs substances chimiques cancérigènes comme les éthers de glycol, les phtalates ou les retardateurs de feu, qui s’accumulent dans l’organisme. Ce rapport est la réponse des sénateurs à l’urgence qu’il y a à instaurer une vraie politique d’information et de prévention sur les conséquences de la pollution de l’environnement sur la santé. L’OMS estime que 24% des maladies sont directement causées par une exposition aux polluants de l’environnement intérieur. L’augmentation des cancers n’est d’ailleurs pas étrangère à l’exposition à ces substances chimiques qui saturent l’air ambiant des maisons, des moyens de transport: train, bus, métros, avions, ou voitures particulières ou des espaces recevant du public comme les magasins, les cinémas ou les piscines. Le rapport suscite déjà la controverse et les industriels de la chimie montent au créneau pour tourner le rapport en dérision et en minimiser les conclusions. Interrogée, la Sénatrice explique « l’industrie chimique nie sa responsabilité dans la montée en flèche de plusieurs pathologies lourdes. Les preuves accablantes d’études de substances courantes, se révélant très cancérigènes sur des souris, ne sont pas une preuve pour eux car les tests, d’après eux, ne s’appliquent pas aux hommes.» Le rapport ne se contente pas de déplorer la situation et propose des solutions qui devraient déboucher sur des actions concrètes. Le groupe 3 de Santé du « Grenelle de l’environnement » a abouti exactement aux mêmes conclusions, poursuit la sénatrice Blandin . « Nous devrions bientôt voir se créer des chaires de toxicologie dont on manque encore si cruellement en France pour étudier plus précisément toutes ces substances qui inondent le marché. Par ailleurs, il faudra que les instances de surveillance et d’expertise des substances chimiques soient réellement indépendantes des industriels, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Enfin, je souhaite voir l’émergence d’une industrie de la chimie « verte ». Je ne suis pas contre la chimie, je souhaite juste voir apparaître une industrie de la chimie qui soit responsable, transparente et dont les produits ont l’efficacité vendue dans le discours et surtout une réelle innocuité pour les utilisateurs et pour l’environnement. » Et si après les sénateurs, nous nous mobilisions pour sensibiliser les députés à ces problèmes ? A chacun de proposer en commentaire un exemple de courrier à leur faire parvenir. François Lehn Journaliste Pour trouver l’adresse de votre député si vous êtes français : http://www.assemblee-nationale.fr/13/qui/circonscriptions Pour nos amis canadiens, belges ou autres pays : dites-nous comment relayer ce mouvement dans votre pays.
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