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Louise qui danse avec les dauphins

Posté le 27/03/2008 par raissa arobaz Envoyer par mail

 

Louise qui danse avec les dauphins

Louise, au téléphone, éclate de rire. Un rire généreux de femme qui s’aime, se respecte et vit enfin une vie qu’elle s’est choisie. Paradoxalement, c’est quand les médecins lui découvrent un cancer du sein à 46 ans que Louise peut enfin se poser. Jusqu’à ce jour, ça fait presque 20 ans qu’elle court : un boulot exténuant, trois enfants à élever, un couple qui bat de l’aile, puis un divorce. Elle se donne du mal, elle est perfectionniste, elle s’oublie : « ça faisait si longtemps que je m’étais coupée de tout ce qui constituait ma vraie personnalité. Sans le cancer, j’aurais continué cette vie insensée ».

Louise est sortie de sa coquille le jour où elle a pris rendez-vous avec une psychologue. « Est-ce que vous voulez vivre ? » lui demande la thérapeute.

« Je ne savais que répondre. Si la vie, c’était le stress et la frustration, j’aurais pu dire non ». Mais quelque chose s’insinue en elle qui la fait réffléchir : « j’ai eu comme la sensation que ça pouvait être autre chose, la vie, et que mon oui pouvait peser dans la balance. Alors, j’ai dit oui. J’ai vite réalisé qu’il me faudrait faire de grands changements, dont je ne mesurais pas alors l’ampleur. » En réalité, Louise découvre qu’elle s’était perdue de vue depuis bien longtemps : « A 18 ans quand je me suis mariée, j’ai perdu le contact avec moi-même, je me suis entièrement dévouée à mon homme, puis à mon boulot, puis à mes enfants. J’étais devenue une superwoman à la vie trépidante, Louise avait presque disparu ».

Ce sont ensuite des livres conseillés par des amis qui lui ouvrent l’esprit et qui aiguisent sa curiosité. Elle cite, avec son délicieux accent québécois, « L’aventure d’une guérison ».

« Mais le plus grand soulagement, ça a été de m’arrêter, de ne rien faire, de ne plus courir, juste de prendre le temps de ressentir la vie en moi. Je me suis même autorisé un voyage au Mexique pour nager avec des dauphins. La méditation m’a énormément aidée car elle a créé un espace où j’ai cessé d’être seulement dans ma tête. J’ai commencé dans un groupe, mais maintenant je pratique seule au moins deux fois par jour. Grâce à la visualisation, j’ai compris que je pouvais agir sur ma vie de façon intime et pas contrôlante. Je l’utilise encore chaque soir pour calmer mon corps, une douche qui s’en va profondément pour aller chercher des réponses intérieures. Je peux moi-même me materner ou me paterner, au besoin. D’ailleurs, j’en ai fait mon métier. »

Aujourd’hui, Louise se rend à l’hôpital, non plus pour elle, mais pour accompagner d’autres patients sur le chemin de la guérison, main dans la main avec les médecins.

Raïssa Blankoff

 


Bibliographie :

Louise. B. Vincent, Survivante du cancer, Louise Courteau Editions

« L’aventure d’une guérison » du Dr Carl Simonton et Reid Hansen (Belfond 1993).

 

Site web :

www.loupmarin.com

 

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