Aujourd’hui encore, l’exercice de certaines professions fait courir des risques sur la santé. On estime de 5% à 8% la proportion de cancers contractés dans un contexte professionnel. Aujourd’hui, 10% des salariés français seraient exposés. Quelles sont les professions les plus dangereuses ?
Lorsqu’on se penche sur les substances susceptibles d’entraîner des pathologies cancéreuses, les professions industrielles et agricoles sont celles qui représentent les plus hauts risques.
Plus de la moitié des substances répertoriées par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC) comme « cancérigène avérés, probables ou possibles » sont présentes dans ces professions, et ce malgré les dispositions du code du travail qui obligent l’employeur à prendre des mesures. Les entreprises doivent normalement déclarer la présence d’agents Cancérogènes, Mutagènes ou toxique pour la Reproduction (CMR), et agir pour supprimer l’exposition aux risques cancérogènes.
Les voies respiratoires et cutanées sont directement exposées. On constate une prépondérance des cancers ORL (nez, face, sinus, 50%) et du poumon (15%), lorsqu’il sont d’origine professionnelle. Les hommes se révèlent plus touchés que les femmes car dans les professions concernées (manuelles ou industrielles), ils sont souvent surreprésentés.
On se souvient de la médiatisation des malades de l’amiante. Ce produit utilisé dans les secteurs de la construction, de l’isolation et lors d’activités de soudage expose à des risques de cancer du poumon ou de la plèvre. Il entre notamment dans la composition de matériaux utilisés pour la protection anti-feu. Les plombiers, peintres en bâtiment, maçons, couvreurs peuvent également y avoir été exposés sur les chantiers avant 1996, date de l’interdiction du produit.
Mais la simple inhalation de poussières de bois et de cuir peut conduire à des cancers ORL. Ces particules représentent le cancérigène professionnel le plus fréquent après l’amiante. Sont donc concernés les employés du secteur de la transformation du bois, de la menuiserie et du textile entre autres.
Les travailleurs du secteur agricole côtoient des pesticides qui favoriseraient la survenue de leucémies, ainsi que de tumeurs cérébrales et cutanées.
Les professions de la métallurgie sont considérées comme relativement « dangereuses » en raison du type de produits que les salariés de ces branches peuvent manipuler et qui provoquent des cancers du poumon et de la peau. Le contact avec les dérivés du charbon (goudron, suie) présente les mêmes risques. On retrouve ces produits dans le secteur de l’entretien des chaudières et cheminées, dans la mécanique automobile, le caoutchouc et certains métiers du domaine de l’imprimerie (fabrication d’encres).
Les professions de l’industrie chimique ne sont pas en reste : on utilise des dérivés du chrome dans la fabrication de colorants, de peinture et dans l’imprimerie et cela peut conduire à des cancers du poumon. C’est également le cas pour les dérivés de nickel utilisés dans l’industrie de la céramique et des porcelaines, qui provoquent également des cancers ORL. Le benzène présent dans des mélanges de produits fait encourir les mêmes risques, on le trouve dans les professions de l’imprimerie (dilution d’encre), de la chimie (laboratoires), du textile (peaux) et du caoutchouc.
L’exposition aux rayonnements ionisants ou à des substances radioactives peut faire courir des risques de leucémies, de lymphomes et de cancer de la peau. Y sont exposés les salariés du domaine pharmaceutique au contact d’appareils de radiodiagnostics notamment.
On ne reconnaît pas souvent l’origine professionnelle des cancers, car ils surviennent en général à un âge avancé, lorsque les salariés ne sont plus astreints à la médecine du travail. Reste au malade à prouver la relation entre le déclenchement de sa pathologie et sa durée d’exposition à des substances cancérigènes dans un contexte professionnel. Il est conseillé aux salariés conscients d’avoir été exposés à des substances dangereuses, de demander un « certificat d’exposition » à leur médecin du travail et à leur employeur avant toute cessation d’activité (changement de poste ou retraite).
Pour qu’un cancer soit reconnu comme professionnel, le médecin qui le diagnostique doit délivrer au malade un certificat médical initial précisant la nature de la maladie selon les intitulés du tableau des maladies professionnelles de l’assurance maladie. Le patient doit se rapprocher ensuite de cette dernière dans un délai de deux ans pour l’examen de son dossier.
Bilguissa DIALLO Journaliste Photo : Bernard MAURIN – Fotolia
|
Nefertiti
0 vote(s)