« Je ferai comme toi, je ne mourrai pas ». Derrière le titre de ce livre-témoignage, la problématique du cancer « familial », celui qui ne vous tombe pas dessus par hasard… Un héritage dont on se passerait bien.
Le cancer est la conséquence d’une accumulation d’altérations, acquises au cours de la vie au gré des divisions cellulaires. Mais il arrive qu’une de ces altérations ne soit pas acquise mais héréditaire, transmise aux descendants par l’intermédiaire des gènes, par exemple pour 5 % des cancers du sein. « C’est un peu comme une marque de fabrique », indique le Dr Catherine Noguès, généticienne au Centre René Huguenin à Saint Cloud.
Une marque de fabrique qui pèse aussi lourdement qu’une épée de Damoclès et avec laquelle il faut apprendre à composer. Pas question pour autant d’attendre les bras croisés que le cancer frappe à sa porte. C’est pourquoi Marine, 35 ans, a pris les devants après le décès de sa mère et de sa tante à la suite d’un cancer du sein. « Après avoir longuement réfléchi, sur les conseils de l’équipe qui suivait ma mère à l’Institut Curie, j’ai fini par faire un test génétique. Après quelques mois d’attente, on m’a annoncé que j’étais porteuse de la même mutation génétique que ma mère, ce qui implique tous les ans, IRM, mammo, écho et… angoisse à la clé. Ce n’est pas facile psychologiquement, mais le fait d’être suivie me rassure ».
Que faire lorsque l’on est dans une famille à risque ?
« Pour confirmer cette prédisposition génétique et déterminer la nature de la surveillance à mettre en place, les femmes qui ont des antécédents familiaux (deux à trois proches ayant eu un cancer du sein ou de l’ovaire avant l’âge de 50 ans, ainsi que les personnes souffrant d’une forme a priori familiale de cancer du côlon), peuvent rencontrer un oncogénéticien », indique le Dr Françoise May-Lévin, médecin-conseil à la Ligue contre le Cancer.
Une consultation d’oncogénétique, c’est quoi ?
La consultation se déroule en plusieurs étapes. La première permet de reconstituer l’histoire familiale : quels sont les membres de la famille qui sont touchés par un cancer ? Quel âge avaient-ils au moment du diagnostic ? Quel est le lien de parenté ?… Au terme de cet interrogatoire, si le médecin estime que la probabilité d’altération génétique dépasse 25 %, il conseille alors une recherche de mutation d’un des gènes BRCA 1 ou 2 par une analyse de biologie moléculaire. Bien qu’il s’agisse d’une simple prise de sang (2 échantillons prélevés), les résultats sont longs, environ quatre mois. Les gènes BRCA 1 et 2 sont de grande taille et, selon les familles, l’anomalie ne siège pas au même endroit du gène. Pour le trouver, il faut donc scruter l’ensemble des deux gènes.
En fonction du résultat, le médecin pourra soit rassurer quand la mutation est absente, soit proposer une prise en charge spécifique et une surveillance rapprochée. Pour le cancer du sein, le protocole est le suivant : examen clinique tous les 6 mois, mammographie et échographie annuelles, environ 5 ans avant la date à laquelle le premier cancer familial a été diagnostiqué, afin de détecter et de prendre en charge le plus précocement possible l’éventuelle survenue d’un cancer. « Par ailleurs, le risque de cancer ovarien est également majoré », ajoute le Dr May-Lévin, « d’où la nécessité d’une surveillance gynécologique très régulière. Après 45 ans, par précaution, on conseille l’ovariectomie ».
On le voit, la révélation d’une prédisposition à développer un cancer est lourde de conséquences. Elle doit impérativement s’accompagner d’un soutien psychologique. Notamment pour certaines femmes qui décident de faire pratiquer une mastectomie prophylactique bilatérale, certes efficace, mais très mutilante.
Dans tous les cas, inutile cependant de céder à la panique si vous avez plusieurs cas de cancer dans votre famille. « Ce n’est pas parce qu’il y a eu plusieurs cas dans une même famille que c’est forcément héréditaire", nuance le Dr Noguès. « Le hasard peut aussi bien en être le seul responsable. »
Céline Dufranc Journaliste
Bibliographie Je ferai comme toi, je ne mourrai pas. Anne Tourre. Ed Robert Laffont
Photo : absolut – Fotolia
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j’ai 45 ans ,je suis medecin à diplome étranger et infirmière en chimio ambulatoire en France.
Depuis l’age de 35 ans je me fais suivre en faisant une echo et mammo annuelle(tante maternelle ayant eu un cancer du sein ,décédée à l’age de 59 ans,ma jeune soeur qui ne se faisait pas suivre on lui a découvert un cancer du sein avec metastase sus claviculaire à l’age de 39 ans décédée à 41 ans(octobre2006).La meme année ,le meme mois lors d’un control annuel découverte chez moi d’une tumeur 13 mm :tumerectomie,chimio,radiothérapie ,enquete onco génétique.un an après les résultat(mars 2008) présence du gene BRCA1 avec un risque de 50%pour un cancer ovarien et 70 à 80 % risque de récidive!!!!!!!!donc après plusieurs avis(gynécologue ,oncologue,radiothérapeute,oncogeneticienne,plasticien):ablation des glandes mammaires et reconstruction derrière plus annexectomie bilatérales.
Donc j’ai subi mon abbexectomie le 13/05 par coelioscopie (très bien passée)et le 11/06 je subirait mastectomie bilatérale préventive!
Moralement je vais très bien pour l’instant je ne sens pas le besoin d’etre suivi par une psychologue mon seul but c’est de pouvoir vivre le plus longtemps possible afin de profiter de mes enfants et mes petits enfants….et j’y arriverai inchallah par la volonté de Dien!
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