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Laeticia, cœur ardent

Posté le 27/05/2008 par raissa arobaz Envoyer par mail

 

Laeticia, cœur ardent

Pendant 6 mois, sur un voilier, elle a navigué de San Diego jusqu’en Polynésie française en passant par le Mexique ; sur son vélo, elle a affiché 12.000 km au compteur à son arrivée en Thaïlande, au départ de la Nouvelle Zélande en passant par l’Australie, le Timor, l’Indonésie et la Malaisie, ; en camion-stop, elle a traversé le Brésil, l’Argentine et le Chili jusqu’en Patagonie ; en ULM, elle a survolé l’Algérie, la Lybie, l’Egypte, le Soudan, le Kenya. Elle, c’est Laeticia, qui fête jour après jour sa victoire sur la leucémie.

A l’âge de 22 ans, après un rhume qui n’en finit pas, le diagnostic tombe : leucémie myéloïde aigue. En quelques jours, Laeticia prend ses quartiers en chambre stérile : six mois de traitement, deux chimios, une greffe de moelle, une radiothérapie. Mais pour cette battante, il n’y a qu’une issue possible, la guérison. 

« Dès la seconde où je suis entrée à l’hôpital, j’ai pensé qu’une aventure m’était donnée à vivre, je voulais tout comprendre, tout expérimenter, je n’avais pas peur, je n’ai jamais pensé à la mort. 
Le regard braqué sur la sortie, j’ai vu seulement le bon côté des choses. J’ai vraiment vécu la maladie comme une opportunité. » A mi–parcours, alors qu’elle vient d’apprendre sa très probable stérilité, elle écrit : « Je l’aurai, ma ligne d’arrivée, mon sommet, ma victoire. » 
Laeticia reconnaît aujourd’hui qu’elle a fermé fort les robinets émotionnels, c’était sa façon à elle de faire face en faisant confiance à son mental car elle savait sa force là, à ce moment-là. « La douleur par exemple : j’avais mal, parfois très mal, mais j’ai tout fait pour que cette douleur existe en dehors de moi, je me suis blindée, je suis arrivée à la détacher, à la réduire à quelque chose de très physique, de mécanique. » Et de conclure, songeuse : « par quels chemins un corps ne passe-t-il pas pour guérir ! »
« Grâce à ma leucémie, je réalise mes rêves à 23 ans, ce que d’autres finissent par faire à 40 ou 50 ans ! Vous savez, je ne regrette rien, et si c’était à revivre, je le revivrai. »  

Laeticia Van der Elst, La fille de l’aquarium, Presses de la Renaissance

Raïssa Blankoff

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