La douleur accompagne tout patient et tout traitement. Vive ou lancinante, c’est une compagne dont on se passerait bien. Les mentalités changent, les méthodes aussi, la prise en charge de la douleur devient une préoccupation réelle des équipes médicales. Pour faire le point, nous avons recueilli la parole du Dr Mouman, responsable de l’équipe de soins palliatifs de l’Hôpital Lariboisière , Paris.
« Aujourd’hui, ce n’est plus normal d’avoir mal ». C’est la conviction et le combat du Dr Vianney Mourman, responsable de l’équipe de soins palliatifs de l’Hôpital Lariboisière à Paris, spécialiste de la prise en charge de la douleur. Soulager la douleur ne constitue pas un acte de confort, c’est un droit du patient obtenu de haute lutte. Aujourd’hui, le malade ne peut plus être réduit à ses seuls symptômes, il devrait pouvoir bénéficier d’un accompagnement plus global en termes de qualité de vie : nutrition, prise en considération du retentissement de la maladie sur son environnement social et familial, prise en compte de ses souffrances psychiques.
« La douleur est une notion récemment enseignée à la Faculté, et ce n’est pas la priorité d’un médecin à l’emploi du temps souvent surchargé, qui passe en moyenne cinq minutes par jour avec un patient. Notre équipe dispose de plus de temps à consacrer aux malades : ainsi, ils peuvent nous faire part de leurs peurs, de leur tristesse, parfois des questions sur le sens de leur existence. Et de leur douleur. Aujourd’hui nous disposons de médicaments très efficaces et variés. Chaque patient est en droit d’attendre un traitement personnalisé : recherche des causes de sa douleur, mesure de son intensité, qui est subjective. Pour être efficace, il faut d’abord savoir entendre. » Et répondre à des questions : c’est quoi la douleur ? Pourquoi j’ai mal ? Comment les traitements vont-ils agir ? Est-ce qu’ils ne risquent pas d’avoir une incidence négative sur l’évolution de ma maladie ?
« Notre culture a longtemps considéré la douleur comme un mal nécessaire ou une fatalité car les médecins en avaient besoin pour mieux observer et disposaient de peu d’outils pour la combattre. Ainsi, certains patients restent dans cette croyance. J’essaie de les convaincre qu’en cessant de lutter contre la douleur, ils retrouveront de l’énergie pour faire d’autres choses plus motivantes. Un patient recroquevillé dans son lit, perclus de douleur, ne mange plus, s’isole, devient incapable de penser. »
La douleur a également ce gros inconvénient de ramener sans cesse le patient à sa maladie : elle lui rappelle a chaque seconde qu’il a un cancer. « J’ai vu des personnes se métamorphoser quand leur douleur diminuait. Je me souviens d’un patient qui ne sortait plus de chez lui, se nourrissait à peine ; un traitement adapté lui a permis de partir en balade à mobylette, ou de passer des heures à la pêche. Quand je vois un patient qui souffre, avec son visage triste et fatigué, et que je parviens à lui épargner cette peine, quand le lendemain je rentre dans sa chambre et que je le vois sourire, c’est vraiment encourageant ! C’est le meilleur signe subjectif de l’efficacité du traitement. »
Raïssa Blankoff
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Combattre la douleur est très important : ça change la vie du malade et aussi de l’entourage.
Car il est vrai que la douleur isole le malade et fait aussi souffrir ses proches quand ils ne peuvent rien faire pour le soulager : il y a double souffrance.
En complément des médicaments certaines méthodes énergétiques (comme l’acupunture)ou corporelles (comme les massages) peuvent aider et ainsi permettre de diminuer les doses de médicaments.
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