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Le cancer ne tue pas le couple, au contraire. C’est ce que révèle une enquête de la Direction de la recherche et des études du Ministère de la Santé publiée par la Documentation française sous le titre « La vie deux ans après le diagnostic de cancer ».
L’étude menée par le Ministère de la Santé a notamment révélé qu’une majorité de personnes atteintes,76% des personnes interrogées, vivent en couple et toujours avec le même conjoint. Parmi elles, 37% estiment que l’épreuve a renforcé leur relation. Cette étude souligne également l’importance du soutien psychologique et de l’information donnée par l’équipe médicale afin d’aider les couples à mieux vivre avec le cancer.
Une psychologue témoigne de son parcoursMaryse Vaillant, psychologue, auteur de nombreux livres, a souffert d’un cancer du sein et livre dans son dernier ouvrage ses réflexions autour de cette traversée. La première année n’est pas la plus difficile pour le couple. Souvent, il se renforce, dans une énergie commune d’affronter la maladie. Ensuite s’installent souvent fatigue et lassitude qui peuvent affaiblir la relation. Maryse Vaillant donne quelques pistes pour que l’amour ne tombe pas malade à son tour.
Eviter les pièges et maintenir la relation« Un des pièges à éviter, c’est le maternage, l’un devenant soignant pour l’autre : la relation soignant-soigné est par nature non érotisée. Il faudrait également être très attentif à ne pas briser le charme de la relation. Ainsi, la vitalité du désir est capitale: bien sûr, on n’a pas franchement envie de faire l’amour pendant les traitements, à cause de la valse des hormones, de la fatigue, d’un besoin de se recentrer sur soi. Mais il faut tenter de maintenir une relation affective suffisamment sensuelle pour ne pas perdre le fil érotique, car il ne se retrouve pas facilement. Accepter la tendresse d’un mari ou d’une femme désirant(e) permet parfois de découvrir un plaisir jusque là inconnu, niché au plus profond du corps, même sans désir préalable.
Réapprivoiser le corpsIl ne s’agit pas de se faire violence mais de laisser aller le corps à un rapport charnel, en installant du jeu et de la surprise : par exemple, un mari peut découvrir le plaisir de déposer délicatement une crème vaginale, devenue jouet érotique, tout en caressant sa compagne. Il n’est pas facile de montrer son corps qui a été maltraité et abîmé par les traitements, déshumanisé par l’hôpital où il est exposé aux yeux des soignants et devient chair à soigner, si loin de l’intimité de la relation amoureuse. Mais on sait que l’amour ne tient pas compte du physique, c’est notre personne qui est aimée, et c’est nous qui prenons soin de notre physique.
Recréer une ambiance propiceAlors il est urgent, en rentrant chez soi, même si on recherche la solitude, de réintroduire du contact, de la sensualité, par exemple faire toucher les cicatrices, les masser, les réchauffer ensemble. Si le besoin de faire chambre à part se présente, le respecter à condition de faire nuit commune parfois pour réenchanter le rapport au corps et retrouver de tendres jeux amoureux : faire le noir, mettre des bougies, se parfumer, allumer la musique, partager un bon vin. L’amour qu’on se porte a un impact direct sur la guérison : on pourrait dire qu’on est guéri deux fois, par la médecine et par l’amour. »
Raïssa Blankoff Journaliste Maryse Vaillant, Une année singulière avec mon cancer du sein, Albin Michel, 2008.
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ecaille_de_tortue
Je ne vais pas négativer et voter contre…mais mon expérience personnelle prouve exactement le contraire…
En tout cas, pour ma part, il y a bien eu (un peu) le rapport soignant-soigné, pas d’aide particulière, la peur de la maladie de la part de l’autre, la pitié plus que l’amour, rapports sexuels interdits du fait de ma maladie (cancer du col de l’utérus avec invasion sur le vagin)…et surtout aucun geste de légèreté et d’attention.
Il y avait déjà une relation très affaiblie, le cancer lui a donné le coup de grâce.
J’ai de la chance, c’est moi qui ai pris les devants et qui ai quitté mon conjoint. Quand j’en ai parlé à mon oncologue, il m’a dit qu’en général, et c’était un cas fréquent, les hommes quittaient leurs femmes atteintes de cancer…pour rencontrer souvent quelqu’un de plus jeune,… génial pour le moral après-cancer !.
En tout cas, personne dans le milieu médical n’a été surpris de ma séparation qui a suivi mon protocole (réussi).
Je trouve donc ces propos bien optimistes…Désolée
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Andréa
Bonsoir,
Très beau cet article, il se veut très optimiste. Il ressemble à un conte de fée que l’on raconte à un enfant. Mais les contes de fée ne sont pas toujours du domaine de la réalité de la vie. Le cancer comme le sida fait peur, peur à soi mais surtout peur à l’autre. L’autre hélas peut être le mari, le compagnon, l’amant. J’en ai entendu des abandons après la maladie même pendant, heureusement je connais des rares cas où le mari est resté et où oui le couple est maintenant aussi fort qu’un océan. C’est rare et c’est beau.
L’autre c’est également son patron, son chef, ses collègues ou des malades ne veulent pas dire ce qu’ils ont afin d’éviter d’être mis(e) au placard et cela se rencontre aussi bien dans le public que dans le privé.
L’autre ce sont aussi les relations, les amis, les passants dans la rue, la famille. Chaque cas est différent, particulier.
J’ai de la chance, mes amis sont formidable, j’en ai même retrouvé perdu de vue, éloigné pour mille et une raison, plus affectueux pour certains, ils sont adorable. J’ai seulement perdu une amie, la peur certainement.
L’amoureu(se-x) n’est pas un être à part, il a le droit d’avoir peur, il a le droit de fuir, il a le droit d’être perdu. Rien ne sert à vouloir enjoliver la réalité. Elle est.
Pour cela je remercie le Dct David Servan Schreiber d’avoir le courage de faire tout ce qu’il fait, je le félicite, je lui dis bravo. Continuez à pousser les portes, elles finiront par souvrir. Et puis si besoin est dites le nous, nous serons derrière vous.
je ne relis pas dans 1 mn je n’aurai plus accès à intervenir sur le site
au revoir
merci merci pour tout
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Pierre Carnicelli
J’ai vécu le contraire de ce qui est écrit, bien sûr j’ai bien essayé au début d’accepter cette cicatrice mais elle ne voulait m’accepter… Je parle de la cicatrice, bien sûr !
Je regardais, cette poche qui pendait accrochée à mon ventre, j’avais mal… Et ça a duré ! Et la poche est partie un jour remplacée par une autre cicatrice… Et j’ai du aller au toilette jusqu’à 28 fois/jour… Effectivement quand on est aux toilettes on n’est pas avec son épouse. Et faire toucher sa cicatrice c’est plus facile à dire qu’à faire !
Et l’amour n’est pas une affaire de volonté !
L’amour c’est ou ce n’est pas… Mais je n’aime pas parce que je veux aimer mon conjoint… Vous aimez vos enfants pourquoi ? Hein ? Pas facile ça ? C’est sociétal ? C’est culturel ? c’est… quoi ?
L’amour c’est comme une montre… Si vous la démontez elle marche moins bien !
Je reprends ici une image utilisée par Frédéric Dard, je crois, à qui on demandais de juger une thèse sur lui.
Il a dit : "Vous avez démonté ma montre et vous me demandez l’heure ?"
L’amour c’est pareil… Si on le démonte, pour le comprendre…. Le ressent-on ?
Je ne crois pas que ce soit si simple de continuer à vivre une histoire d’amour…
Pour nous, la distance est venue de l’éloignement… Et nous ne nous comprenions plus et, nos corps surtout, ne se comprenaient plus…
Et un jour.. L’amour est mort !
Heureusement que l’amitié fait des miracles…
Et notre couple d’amis a durée 10 ans, le temps que je comprenne que je voulais vivre une histoire d’amour et non plus d’amitié, d’ailleurs malgré notre divorce, notre amitié est intacte, aujourd’hui mais nous ne vivons plus ensemble, malgré nos 9 enfants élevés à nous deux !
Alors je suis parti, sur la route de Saint-Jacques… Et j’ai rencontré plus tard, une autre histoire d’amour…
Mais le couple d’amoureux d’avant mon cancer n’a pas survécu !
J’y ai gagné une amie, et une amante…
J’y ai gagné plein d’amour et aujourd’hui je peux affirmer que c’est la victoire de la vie et de l’amour.
Toujours est-il que je ne crois pas à cet article…
Tout le monde a le droit de ne pas vouloir continuer, une histoire d’amour… Ou de la continuer, sans être juger comme quelqu’un qui à "bien fait" ou "mal fait".
Après tout , nous sommes des humains, pas des machineries à programmer, rassurez-moi…
Bien à vous
Pierre
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