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Mis à jour le: 14. March 2025
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Rassurer les frères et soeurs d’un enfant malade

raissa Arobaz Envoyer par mail
Frère Enfants Film Soeur

Une association vient de produire deux petits films qui expliquent les rapports compliqués qui apparaissent lorsque le cancer survient dans une famille. Ces films permettent de dédramatiser et de rassurer les frères et soeurs qui se sentiront moins seuls et moins coupables de ressentir tristesse ou colère. La parole a tout son rôle même 20 ans après.

Gregory a deux ans, sa sœur Johanna quatre, quand son cancer est diagnostiqué. L’attention entière de Michèle et Bernard Dal Molin, leurs parents, va être subitement et totalement absorbée par le petit malade. Que deviendra alors Johanna? A 27 ans, sa parole surgit et ébranle : « Il  y avait une telle distorsion entre ce que je pouvais ressentir et mon apparence de petite fille modèle ! J’en mesure seulement aujourd’hui les conséquences.» Pour les parents, la prise de conscience est violente :
«  Nous avions n’avions jamais imaginé la souffrance de notre  petite fille, si sage, si parfaite, première de sa classe, au parcours de vie sans faute, tellement nous étions, et c’est normal, focalisés sur son jeune frère».
C’est ainsi que sont nés, avec le soutien de l’association Locomotive, leurs deux derniers films destinés à aider les fratries à communiquer.

Le sentiment d’être abandonné

Johanna n’a gardé qu’un seul souvenir précis de son enfance qu’elle me raconte avec beaucoup d’émotion dans la voix : « pour mes six ans, j’avais invité mes copines à la maison mais mes parents ont dû aller à l’hôpital pour la récidive de Grégory, c’est ma tante qui nous a gardées. J’ai dû éprouver un sentiment d’injustice et de solitude, l’impression d’avoir été laissée de côté, de passer au second plan. J’ai fait avec, mais je réalise à quel point ça a dû être dur. Mes parents m’avaient en quelque sorte abandonnée. »
Suite à des difficultés rencontrées au début de sa vie professionnelle, un jour, Johanna interpelle brutalement son père : « si tu pouvais t’occuper de moi comme tu t’es occupé de lui ! « « De lui ? mais de qui tu parles ? c’est qui, lui ?  J’étais à mille lieues de penser qu’il s’agissait de son frère. Je me suis dis « Bernard t’as zappé quelque chose. Trop obnubilé qu’on était par la souffrance de Gregory, on a oublié comment elle a été ballotée de nounou en grand-mère, elle a craint pour son frère et souffert de notre indisponibilité, elle ne s’est pas sentie le droit de demander de l’attention, du temps, de l’amour. En réalité, même si elle l’avait demandé, je suis presque sûr qu’on n’aurait pas été capable de satisfaire sa demande. »

Expliquer aux frères et sœurs

Grégory, celui par lequel tout a commencé, semble  miraculeusement préservé : « Je ne me souviens pas de la souffrance, ni de toute cette attention portée sur moi. J’ai été malade, et quand j’ai guéri, j’ai voulu profiter de la vie à fond sans me poser trop de questions. Ma relation avec Johanna est plutôt neutre. Nous parlons à peine de ce passé-là. »
De fait, la fratrie capte toute la gravité de la situation, d’où l’importance d’échanges. « Même si ces films ne suscitent pas un dialogue immédiat, explique Johanna, ils permettent de dédramatiser et de rassurer les frères et soeurs qui se sentiront moins seuls et moins coupables de ressentir tristesse ou colère.

La parole a tout son rôle même 20 ans après.



DVD : « Le petit frère de Sarah », conte dessiné pour les jeunes enfants (8 minutes) et « Mon frère mon sang », documentaire destiné aux ados, aux familles, aux associations. (36 minutes)

www.advita.com

Raïssa Blankoff
Journaliste



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