Maud Fontenoy est célèbre pour avoir signé trois exploits sportifs retentissants : la traversée de l’Atlantique Nord à la rame en solitaire, celle du Pacifique, et le tour du monde à contre-courant. L’activité de la Maud Fontenoy Fondation est également exemplaire : elle invite des enfants malades à naviguer sur un voilier. Une expérience unique qui les aide à trouver leur chemin de guérison et amplifie leur désir de vivre.
Depuis qu’elle a 18 ans, voile et énergie vitale sont deux mots inséparables pour Maud Fontenoy. A chaque nouvelle aventure, elle a toujours associé écoles et hôpitaux, et surtout les enfants, qu’elle adore. « J’ai une grande foi dans la jeunesse. J’ai créé, il y a longtemps déjà, une association dont le but était de faire naviguer les jeunes des quartiers difficiles. » Maud Fontenoy s’est penchée sur le sort des enfants soignés à l’hôpital : « ça permet de réaliser qu’on a beaucoup de chance lorsqu’on est en bonne santé et que c’est vraiment difficile d’être malade. »
Accueillir des enfants sur un voilier Dès septembre 2008, son voilier se prépare à accueillir, au départ du vieux port de Marseille, des enfants atteints de cancer ou en rémission, âgés de 7 à 14 ans environ, après avis des chefs des services d’oncologie pédiatrique. « Tous les enfants peuvent demander à naviguer, si leur état le permet. Ceux qui sont guéris également, toutes les demandes sont examinées. »
Ce bateau, conçu pour la course et donc très sommaire en équipements, a été réaménagé pour permettre à sept enfants de venir à bord.
Du cancer à la course en solitaire Tomi, un petit Réunionnais, hospitalisé aujourd’hui à Strasbourg pour une tumeur au cerveau et passionné de bateau, sera sans doute un des premiers à naviguer sur « TAHIA », soit « princesse qui danse sur les vagues ». Tahia est un monocoque de 26 mètres, en aluminium, sur lequel, en 2007, Maud a gagné sur elle-même et sur les océans sa course de cinq mois en solitaire, quelques semaines après avoir été elle-même opérée d’un cancer de l’utérus.
Les enfants malades, pas plus fragiles que les autres Les enfants ne seront pas de simples passagers, mais apprendront des rudiments de navigation et de sécurité en mer. « Les enfants malades ou en rémission sont souvent plus courageux et plus entreprenants, plus alertes, plus curieux, ils ne sont pas spécialement plus fragiles ni plus malades à bord, au contraire. On navigue exactement comme avec un équipage en bonne santé », affirme Maud Fontenoy.
Naviguer demande effort et persévérance, des qualités requises également dans le combat contre la maladie. Ensemble, malades et bien portants pourront vivre sur Tahia une expérience qui les éloigne certes de leurs repères familiers, mais les rapprochera des rythmes naturels et des forces marines vivifiantes.
Raïssa Blankoff Journaliste Photo : Thomas Vollaire
En savoir plus :
Le site internet de Maud Fontenoy
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