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Devenir bénévole accompagnant ne s’improvise pas

Posté le 04/09/2008 par raissa arobaz Envoyer par mail

 

Devenir bénévole accompagnant ne s'improvise pas

Pourquoi l’accompagnement bénévole de familles touchées par un cancer demande-t-il de se former ? Au fond, aider est une notion aussi vieille que le monde. Pourtant une formation est souvent requise pour exercer en tant que bénévole à l’hôpital. L’exemple de l’association “Locomotive”.

L’association Locomotive, rattachée au CHU de Grenoble, assiste les enfants atteints de cancers. Elle est une de celles qui ont rendu obligatoires quelques étapes destinées aux futurs bénévoles.

Les candidats participent à une soirée d’accueil avec la projection d’un film documentaire suivi d’échanges. Ensuite, ils sont conviés à 24 h de formation à "l’écoute active", afin d’apprendre à mettre en mots les émotions et sentiments exprimés de manière implicite par l’interlocuteur. Une participation à 4 ou 5 supervisions par an animées par un psychothérapeute fait également partie du parcours. L’engagement est de deux ans minimum.

Pour Danielle Colas, formatrice à Locomotive, l’accompagnement des malades et de leur entourage se résume en une phrase : comment être à l’aise dans une relation avec autrui tout en se respectant soi-même. « Les motivations des futurs bénévoles ne sont pas toujours les meilleures pour aider : souvent ils veulent remédier à leur propre souffrance. Certains recherchent le pouvoir ou le prestige».

Or accompagner, ce n’est pas tendre l’oreille aux misères de l’autre ou l’abreuver de bons conseils, explique Danielle Colas : « la personne qui vide sa valise devant vous a besoin d’une parole qui l’aide à puiser dans ses propres forces et ses propres ressources. Il s’agit plutôt d’un encouragement à la personne. »

En formation d’écoute active, le travail se fait à partir de simulations, de films, et de cas pratiques. Ensuite, les participants sont invités à explorer leurs vécus personnels. Prendre contact avec sa propre souffrance est incontournable.

« On apprend à aller vers l’autre, physiquement et mentalement, par le toucher ou le regard.  Mais il est capital de savoir revenir à soi. Il faut être vigilant à ne pas mélanger les histoires mutuelles, à ne pas s’identifier, à ne pas voler son émotion à l’autre. Nous utilisons la respiration, la relaxation, la danse pour libérer les tensions.  Il est important de connaître ses limites, de ne pas les dépasser. Et d’avoir ses propres moyens de ressourcement. Savoir se protéger plus que savoir se défendre. Avoir envie de partager ses expériences. »

Le bénévolat finalement est une pratique difficile, car elle suppose d’être bon envers soi pour être bienveillant envers les autres. Il ne s’agit pas seulement d’être prêt à donner, mais prêt à recevoir.  Prêt à se remettre en question. Avoir envie de mieux se connaître car le jeu des miroirs offerts par l’autre peut se révéler éprouvant, il faut apprendre à en gérer les conséquences sur soi et sa propre famille. « Ce sont les malades qui m’ont tout appris, conclut Danielle Colas, j’ai été enseignée sur moi-même par ces personnes ».



                            Raïssa Blankoff
                            journaliste


Sur le web : Association "Locomotive"


Photo: Mark Papas istockphoto

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