Le cancer colorectal représente 15% de l’ensemble des cancers. Il reste cependant peu évoqué dans les médias et dans les campagnes de communication officielles, victime de ses connotations taboues. Cependant porter attention aux symptômes et profiter du dépistage organisé évite une grande partie des risques, avant qu’il ne soit trop tard pour les traitements. Dans environ la moitié des cas, il y a déjà des métastases (ganglionnaires ou viscérales) au moment du diagnostic.
Douleur au ventre, fatigue anormale, amaigrissement, et hémorragie de l’anus : ce sont les premiers symptômes du cancer colorectal. Une maladie encore un peu tabou, difficile à aborder, et pourtant : avec environ 35 000 nouveaux cas chaque année, il s’agit du 2e cancer le plus fréquent chez la femme et du 3e chez l’homme. Il représente plus de 10 % des décès par cancer, et son incidence augmente après 50 ans. Face à l’importance de cette maladie, les pouvoirs publics ont donc mis en place un dépistage organisé pour les personnes de 50 à 74 ans.
Le professeur Etienne Dorval, de la Société Nationale Française de Gastroentérologie (SNFGE) nous explique : « L’enjeu du dépistage est d’arriver avant la maladie, quand les symptômes ne sont pas encore présents ; le stade de développement du cancer conditionne les chances de survie : plus le problème est diagnostiqué tôt, plus le patient a de chances de guérir. » Par exemple, un polype dégénéré repéré avant de devenir cancéreux a 100% de chance de guérir, alors que le taux de survie à 5 ans pour un cancer colorectal n’est déjà plus que de 50%. Il est donc important de prendre le dépistage au sérieux et de ne pas hésiter à parler des symptômes que vous constatez.
Vous appréhendez la démarche du dépistage et les examens que cela pourrait entraîner ? Sachez que les de tests dépistage de cette maladie se déroulent tout simplement à la maison. Si vous faites partie de la tranche d’âge concernée, vous devriez recevoir un courrier vous invitant à venir retirer un test chez votre médecin. Le test peut même être directement envoyé à votre domicile.
Hemoccult II®, c’est le nom du test, consiste à faire deux prélèvements par selle pendant trois jours. Ces six échantillons seront ensuite envoyés en laboratoire, afin de contrôler la présence de sang invisible à l’œil nu. Si ce test s’avère positif (2 à 3% des cas), une coloscopie est demandée. Dans un cas sur deux, il s’agit d’un polype ou d’un cancer facilement traitable. Tant que le test est négatif, il vous faudra effectuer ce dépistage tous les deux ans.
Mais avant d’être concerné par le dépistage, vous pouvez agir en amont pour minimiser les risques. Car, si parmi les principales causes de ce cancer on trouve l’hérédité, le facteur environnemental n’est pas négligeable. « Le trio infernal obésité, manque d’activité et mauvaise alimentation joue un rôle dans l’apparition du cancer colorectal, explique le professeur Dorval. En surveillant ces trois points, qui sont liés, et les problèmes de polypes, et en vous soumettant au dépistage, les risques de développer ce cancer sont considérablement réduits. »
Moins de viande rouge et plus de fruits et légumes, et une activité physique régulière sont donc encore une fois la clé pour rester le plus longtemps possible en bonne santé.
Laurence Jacquin Journaliste
Pour en savoir plus sur le cancer colorectal, vous pouvez consulter le site de la SNFGE ou tout simplement vous adresser à votre médecin traitant qui vous expliquera les démarches à faire si vous n’avez pas reçu le test.
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