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Choisir ses oeufs avec circonspection

Posté le 04/08/2008 par Christophe arobaz Envoyer par mail
Mot-clés: cuisine conseils

 

Choisir ses oeufs avec circonspection

La traditionnelle omelette est-elle désormais à ranger au rayon des produits toxiques ? Pas si l’on veille à sélectionner les produits issus de poules alimentées avec une part de lin, une céréale qu’on trouve abondamment en France. Entretien avec Pierre Weill, biochimiste, agronome, co-président de l’association Bleu-Blanc-Coeur, qui se donne l’objectif de réintroduire des Oméga-3 dans la chaîne alimentaire.

Les oeufs de poule sont parmi les aliments dont la proportion d’Oméga 3 s’est le plus dégradée en 40 ans. Ils en contenaient plus d’1/3 en 1960 contre seulement 1/30 aujourd’hui, si bien qu’une simple omelette peut désormais représenter une source d’inflammation supplémentaire, à cause de l’apport d’Oméga 6 trop fortement représenté dans notre alimentation.

Ces réactions inflammatoires favorisent le développement des cancers. La filière bleu-blanc-coeur tente depuis peu de placer des produits rééquilibrés naturellement en Oméga 3 dans la grande distribution.

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Détérioration du rapport Oméga 6 / Oméga 3 dans la chaîne alimentaire entre 1960 et 2000

 

Anticancer.fr : Comment est née l’idée d’améliorer la nutrition animale pour assurer la bonne santé de l’homme ?

Pierre Weill : Le lin, plante dont la culture est très ancienne, a exactement la même nature de graisse que l’herbe. Il avait disparu de l’alimentation animale dans les années 50.
Je suis agronome de formation. La nutrition animale est mon métier. Au début des années 1990, la réintroduction du lin faisait l’objet d’essais.
Je m’y suis intéressé, alors que la nutrition animale et la nutrition humaine étaient deux mondes qui s’ignoraient (ils s’ignorent encore souvent), parce que je sentais monter un besoin de qualité plus fort chez les consommateurs, et cela avant même l’électrochoc que constitua la crise de la vache folle.
Mais l’utilisation du lin a convaincu d’abord les éleveurs et producteurs dont les animaux, mieux nourris, étaient en meilleure santé, généraient moins de frais vétérinaires et produisaient un bien meilleur taux de viandes maigres. Ils y trouvaient donc un intérêt économique.
 
En 2000, une étude clinique probante a mis en évidence le rôle de la chaîne alimentaire sur la santé de l’homme. Les enjeux devenaient énormes. J’ai compris alors qu’il ne s’agissait plus d’un projet d’entreprise, mais que l’on  touchait à la santé publique. Ce fut le point de départ de l’association Bleu-Blanc-Cœur. Nous l’avons créée avec Jean-Pierre Pasquetier, qui est éleveur.

Anticancer.fr : Les produits Bleu-Blanc-Cœur s’affichent comme naturellement « riches en oméga 3 ». Quel gage de qualité donnez-vous à vos clients ?

Pierre Weill : Bleu-Blanc-Cœur s’engage à promouvoir des sources d’acide gras oméga 3 dans l’alimentation animale d’abord, donc dans celle des hommes ensuite. Nos produits sont soumis à un cahier des charges reposant sur une double obligation, de moyens et de résultats. Ainsi les animaux reçoivent dans leurs rations quotidiennes des sources tracées et sécurisées d’oméga 3 qui peuvent être du lin, de la luzerne, du colza, du lupin ou, bien sûr… de l’herbe (la source la plus répandue d’Oméga 3 au monde). Chaque producteur membre fait en amont l’objet d’un plan de contrôle analytique pour vérifier la conformité de ses produits.

Anticancer.fr : Comment comptez-vous porter votre message jusqu’aux consommateurs ?

Pierre Weill : Notre aventure est récente. La première grande étude de 2000 et la naissance de l’association ont permis de fédérer les acteurs de la filière. Nous avons dans un premier temps travaillé avec des éleveurs locaux, sur des produits fermiers.
Pour le grand-public, la communication sur la nutrition n’est pas facile. De nombreux scandales encore présents dans les mémoires effraient. En outre, pour beaucoup, les Oméga 3 sont synonymes de poisson ou d’huile de poisson. Ils ont donc une mauvaise image. Il est difficile d’expliquer que la carence actuelle trouve ses racines dans les modifications récentes de la chaîne alimentaire. Le lien entre les monocultures de maïs, blé et soja, qui nourrit notre déficit en Oméga 3, dont on essaie ensuite de soigner les conséquences à la pharmacie, n’est pas simple à comprendre.

Nous avons pourtant progressé dans la diffusion de nos produits grâce à l’accueil favorable que nous trouvons auprès des « directeurs qualité » de certains industriels de la transformation alimentaire, et de la grande distribution, qui deviennent initiés et attentifs aux enjeux d’une nutrition de qualité.

Les résultats de notre grande étude « Obésité et syndrome métabolique » et le retentissement important qu’ils ont eu dans la presse ont été un très bon « outil de communication » pour nous. Le grand public s’informe, notre site internet est de plus en plus visité, les gens demandent où trouver les produits Bleu-Blanc-Cœur et c’est très bien !


Bibliographie

 

Deux études de Ailhaud et ses collègues sur la transformation du rapport Oméga 3 / Oméga 6 dans la chaîne alimentaire depuis les années 1960, et leu implication dans l’obésité infantile.

Le site de l’association Bleu-Blanc-Coeur

 

 

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