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Cancer du sein : Se décider pour le dépistage en toute connaissance de cause

Posté le 07/11/2008 par Wilfried Blinnt arobaz Envoyer par mail

 

Cancer du sein : Se décider pour le dépistage en toute connaissance de cause

Les autorités médicales invitent les femmes de 50 à 74 ans à participer tous les deux ans au dépistage organisé du cancer du sein, pris en charge à 100% par la sécurité sociale. Une décision qui implique des conséquences à connaître absolument avant de s’engager.

 

Chaque mois d’octobre, le ministère de la Santé organise une campagne de promotion du dépistage du cancer du sein. Une pathologie qui frappe chaque année près de 50 000 femmes. Une sur six décédera. Face à ce fléau, les autorités médicales préconisent d’effectuer une mammographie tous les deux ans à partir de 50 ans. L’opération est simple : une radio de face et de profil pour chaque sein suivi d’un examen clinique. Par sécurité, une deuxième lecture des clichés est prévue si la première a conclu à l’absence de tumeur. En cas d’anomalie, d’autres examens sont également réalisés pour confirmer le diagnostic. Depuis l’an 2000 , certains chercheurs remettent ouvertement en cause cette politique de santé publique. Le jeu n’en vaudrait pas la chandelle. Chaque camp s’affronte sur la base d’arguments médicaux et méthodologiques. Sans alimenter la polémique, Guerir.fr revient sur les bénéfices et les risques du dépistage.

 

 

Intérêt théorique et réussite des traitements

 

L’intérêt du dépistage est simple à comprendre. Plus la tumeur est petite, plus son traitement est efficace. En contrôlant régulièrement l’apparition possible de lésions cancéreuses, on diminue les risques de découvrir brusquement un cancer trop avancé pour être facilement guéri. La mortalité diminue et les interventions mutilantes sont plus rares. La méthode est séduisante, d’autant que 85 %  des patients traités sont encore en vie après cinq ans, d’après les données fournies par l’Institut national du cancer (INCa).

 

Cependant l’approche a une limite théorique : la croissance d’une tumeur n’est pas linéaire dans le temps. Elle peut être très lente puis s’accélérer brusquement ou se stabiliser. La médecine peine encore à comprendre pourquoi. En 2006, la revue médicale Prescrire indiquait qu’un tiers des cancers du sein sont détectés entre deux sessions de dépistage .

De plus certaines tumeurs sont invisibles lors des mammographies. On parle de faux négatifs. La palpation par un médecin peut dans certains cas permettre de les détecter.

 

 

Surdiagnostics et effets pervers

 

Le surdiagnostic est une autre critique souvent apportée au dépistage organisé. Entre 1980 et 2005, le nombre de cancers du sein a augmenté de près de 60 %. Pour les chercheurs de l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm)  impossible de dire si cette évolution est due aux facteurs environnementaux, comportementaux ou à l’extension de la pratique du dépistage. Un chose est sûre, plus on cherche de tumeurs, plus on en trouve. Or parmi les cancers détectés grâce aux radios, un nombre important serait en réalité non dangereux, car peu évolutifs et très localisés. Hélas la médecine ne permet pas encore de les identifier avec certitude. Dans le doute, la seule alternative est de les traiter par les méthodes classiques : radiothérapie, chimiothérapie, chirurgie. L’INCa évalue le surdiagnostic à 10 % , mais la revue médicale Prescrire avance que « 30 à 50 % des cancers dépistés sont très probablement non dangereux ». 

 

Les mammographies révèlent également beaucoup « d’anomalies » qui ne sont en fait pas des cancers, d’où le terme de faux positifs. Un bilan complet (en fonction des situations : échographie, IRM, ponction, biopsie) est dans ces cas rapidement organisé. L’attente des résultats provoque bien souvent une situation de stress pour les patients. Les faux positifs conduisent aussi à une augmentation des biopsies, seul outil qui permet de s’assurer sans équivoque de la présence de cellules cancéreuses dans le sein.

 

Enfin l’examen radiologique lui-même est porteur de risques, limités mais mesurables. Multiplier les mammographies, donc les expositions aux rayons X,  favorise statistiquement l’apparition de tumeurs. De 1 à 5 cas pour 100 000 patientes si le dépistage commence à 50 ans d’après le Centre international de recherche sur le cancer. Ce chiffre peut atteindre 20 cas pour 100 000 personnes si les mammographies débutent à 40 ans.

 

Dans l’attente de nouvelles connaissances médicales, le dépistage reste recommandé par la majorité des spécialistes et par les autorités. Guerir.fr soutient la campagne de dépistage. Cependant y participer n’est pas anodin. Son intérêt avant 50 ans n’est d’ailleurs pas avéré sauf facteurs particuliers. Chaque femme est en droit de demander une information complète à son radiologue, afin de décider en toute conscience.

 

 

Wilfried Blinnt
Journaliste

 



A lire pour en savoir plus

– Dépistage du cancer du sein : Que peut-on dire aujourd’hui des bénéfices attendus ? Institut national du cancer – Institut de veille sanitaire, septembre 2006

 

http://www.invs.sante.fr/

 

 

– Mammographies et dépistage des cancers du sein : Pour un choix éclairé des femmes désirant participer au dépistage, revue Prescrire, mai 2006

 

– http://www.prescrire.org/

 

 

Photo : endostock – Fotolia.com

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par Wilfried Blinnt
Posté par magkiné le 02/11/2008 22:24
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mémoire de recherche

 

je suis à la recherche de personnes touchées par le cancer du sein dans le 13 ou 83 afin de mener à bien mon memoire de recherche. ce memoire a pour but d’améliorer les soins de kinésithérapie à travers le récit des malades
merci par avance pour d’éventuels contacts
magali
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Posté par maryna le 07/11/2008 19:30
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réponse

 

réponse d’un scientifique :
Les ponctions cytologiques du sein, de la thyroïde ou de la prostate ne font pas partie de l’arsenal de base du dépistage organisé, mais viennent en seconde ligne, quand un autre examen (de vrai "dépistage" celui-là) a mis en évidence une anomalie qui justifie une ponction . Quand le doute est raisonnable, le rapport bénéfice-risque de la ponction est très favorable elle évite un nombre important d’interventions chirurgicales inutiles, tout en permettant un diagnostic et une prise en charge rapides.
L’affirmation que la ponction activerait de petits cancers qui ne se seraient pas manifestés autrement est gratuite et dangereuse.
Gratuite car il s’agit d’une simple opinion qui ne repose sur aucune étude précise.
Dangereuse car devant un "petit cancer" (petit par sa taille) il est impossible, pour le moment, de dire si il s’agit d’un cancer qui serait indéfiniment resté "dormant", ou bien si il s’agit d’un cancer plus agressif pris à son début. Si on arrive un jour à faire cette distinction, ce sera précisément grâce à la ponction cytologique. Ne rien faire (observation sans ponction) reviendrait donc à attendre que les cancers agressifs se développent (voire métastasent) au lieu de bénéficier du fait de les avoir dépistés tôt et de pouvoir les traiter avec les meilleures chances de bon résultat.
Cela ne veut évidemment pas dire qu’une cytologie est une pratique absolument sans risque (hémorragie, hématome compressif, infection) mais ces accidents sont très rares, accessibles à un traitement, et le bénéfice les dépasse très largement. et, si ils existent vraiment, ces cas sont en nombre infime comparés au nombre de ponctions pratiquées.

Et personnellement je continue..
« L’intérêt du dépistage est simple à comprendre. Plus la tumeur est petite, plus son traitement est efficace. En contrôlant régulièrement l’apparition possible de lésions cancéreuses, on diminue les risques de découvrir brusquement un cancer trop avancé pour être facilement guéri. La mortalité diminue et les interventions mutilantes sont plus rares. » OUI C EST EXACT grâce au dépistage précoce on mutile de moins en moins de femmes! avec en plus recherche et analyse du ganglion sentinelle.
« Son intérêt avant 50 ans n’est d’ailleurs pas avéré sauf facteurs particuliers » !!!! malheureusement les femmes de moins de 50 ans atteintes d’un cancer sont bien trop nombreuses …il suffit d’aller dans les grands centres de cancérologie pour le constater dire que c’est EXCEPTIONNEL C EST FAUX ! d’ailleurs bien des femmes sur ce site pourraient le prouver. Et plusieurs de mes amies ont bien regretté de ne pas avoir été entendues par les médecins… le cancer du sein avant cinquante ans n’existe pas affirme-t-on encore…
Pour l’ irrradiation : « De 1 à 5 cas pour 100 000 patientes si le dépistage commence à 50 ans d’après le Centre international de recherche sur le cancer. » si ça permet d’éviter un cancer … pas d’hésitation.

d’autre part il ne faudrait pas oublier que sans ce dépistage organisé bien des femmes aux revenus modestes n’auraient pas accès aux soins.
Voilà.. c’était mon dernier message Bonne chance et prenez soin de vous.

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Posté par azerty le 07/11/2008 21:09
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Réponse-dépistage cancer sein

 

Entièrement d’accord avec Maryna. Nous sommes trois dans mon entourage proche à avoir eu un cancer du sein, toutes les 3 d’âge compris entre 40 et 50 ans. Sur le site, j’ai discuté avec pas mal d’autres personnes qui n’ont pas atteint les 50 ans non plus.
Dans la réalité, le généraliste et le gynéco nous font faire des mammographies A PARTIR DE 40 ANS, et ils ont raison, ne pas le faire me semble criminel, et semer le doute chez les patients, voire chez les médecins, me conduit à me demander quel intérêt économique se cache encore là derrière ! grrr ! est-ce qu’il faut se taper un cancer et le vivre personnellement dans sa chair pour apprendre à être prudents ? tout ce que nous avons, c’est le dépistage, puisque la prévention est bloquée par trop de lobbies, alors pitié, laissez-le nous !
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Posté par jaw le 12/11/2008 19:14
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desaccord total

 

Je suis en desaccord total avec cette analyse de Maryna dont c’est le métier: autrement dit elle défend ici ce métier plus que le depistage et son efficience.
D’ailleurs, l’article de Wilfried Blinnt semble hésiter entre condamner cette pratique et "se couvrir" au niveau juridique ! Personnellement ma pratique m’a permis de vérifier maintes fois l’irrationalité du depistage par mammographie …accompagné d’un laisser-aller criminel sur l’aspect préventif: traitement hormonaux, mauvaise hygiène alimentaire et mentale, etc… … …
Je suis contre et le dis haut et fort.
Dr J.A.W.
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Posté par sylviart le 13/11/2008 10:14
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d’accord avec Jaw

 

Je rejoins entièrement Jaw, oui j’ai eu un cancer du sein avant 50 ans, mais oui j’ai fait des mammo avant pour rien (j’avais un creux à un sein ma mère a la meme chose) et non il n’y a aucun antécédent dans ma famille, oui j’ai allaité mes 2 enfants, et rien ne pouvait laisser à penser que j’avais un terrain propice.
De plus le dépistage c’est bien, mais il ne faut pas non plus mettre l’inquiétude là où elle n’est pas. les femmes repoussent de plus en plus cette date fatidique de mammo car elles sont effrayées par les chiffres, et elles ne veulent pas les faire gonfler. a force de faire du bourrage de crâne à coup de pub inlassablement répétées, qu’on ne vienne pas me dire que ça ne va pas laisser des traces dans le cerveau et la mémoire.
De plus, tout ça ne fait que colmater les brêches, faire une attaque massive quand le mal est déjà là et qu’il faudra les traitements et la chirurgie. (à qui ça profite, surement pas aux patients)
on en revient toujours au problème de la prévention : FAIRE LE NECESSAIRE AVANT QUE LE MAL NE SOIT LA : bonne hygiene de vie, alimentation, stress… er tous ce qui est déjà abordé sur ce site. ça n’évitera pas tout pour tout le monde, mais beaucoup seront épargnés.
merci pour ton commentaire jaw
sylviane
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Posté par armelle le 10/11/2008 01:15
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campagne de depistage du cancer du sein

 

bonjour,
je trouve en effet que les femmes de moins de 50 ans sont vraiment tres nombreuses a etre atteintes de cancer du sein et depuis longtemps mes confreres gynecologues en prescrivent des la quarantaine, ce qui me parait bien licite. ll n’est meme pas si rare de voir des femmes entre 30 et 35 ans sans facteur de risque particulier en declarer, parfois apres de gros stress mais c’est toujours difficile de faire le lien meme si finalement on a tous eu des cas dans nos clienteles…

donc en bref, pour ma part un franc OUI a ce depistage sans omettre de continuer a proposer des mammographies a toutes ces femmes de plus de 74 ans qui sont si souvent a notre epoque en si bonne forme !

pour info : il est parfois propose aux femmes de faire une echographie complementaire; celle ci n’est pas prise en charge a 100% mais dans le cadre habituel cpam/mutuelle complementaire. Je tenais a le signaler car beaucoup de femmes en ont ete surprises et m’ont posé la question.
armelle
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