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Le cancer frappe durement les plus pauvres

Posté le 15/10/2008 par Christophe arobaz Envoyer par mail
Mot-clés: Pauvreté Cancer

 

Le cancer frappe durement les plus pauvres

La France, comme les autres pays européens, affiche de larges inégalités sociales face à la mort et en matière de santé. Les plus instruits, les catégories de professions les plus qualifiées et les ménages les plus aisés bénéficient d’une espérance de vie plus longue et se trouvent en meilleure santé. L’incidence et la mortalité du cancer ne déroge pas à cette règle. Au contraire la situation s’aggrave. Quels sont les mécanismes qui permettent cette inégalité ? Comment réagir ?

Selon une étude française de septembre 2008, publiée par l’institut de veille sanitaire, le risque de surmortalité face au cancer en fonction du niveau d’études s’est aggravé nettement ces quarante dernières années. Pour un homme peu diplômé, il était multiplié par 1,52 entre 1968 et 1974. Ce facteur atteint désormais 2,29 pour la période 1990 à 1996.

Le cancer de l’oesophage est l’un de ceux sur lesquels les inégalités sociales pèsent le plus : le risque de surmortalité est multiplié par 5,21 pour les années 1990 à 1996.

Les suspects se bousculent au banc des accusés. Il est clair que les ménages les plus aisés ont un accès plus facile aux médecins. Une surveillance qui permet de traiter les cancers plus souvent avant que ce soit difficile. L’exemple parfait nous est donné par les résultats des campagnes de dépistage. A Paris par exemple, elles sont couronnées de succès dans les beaux quartiers mais relativement peu suivies dans les arrondissement populaires, ce qui a conduit la Mairie à lancer une nouvelle campagne ciblée pour le mois d’octobre.

Mais un autre point-clé concerne le style de vie, qui comporte plus souvent des facteurs de risque dans les milieux défavorisés. L’obésité est devenue un véritable marqueur social dans tous les pays occidentaux… et elle est désormais largement considérée comme un engrais du cancer, qui frappe particulièrement les enfants. Exemple en Alsace dans une étude de 2002 : la prévalence du surpoids (incluant l’obésité) est de 19,7 % pour les enfants d’ouvriers, de 11,2 % pour les enfants de cadres. A rapprocher de l’augmentation de plus de 1% par an des nouveaux cas de cancer chez l’enfant. On sait également que la consommation de tabac et d’alcool, responsables de 40 % des cancers selon le WCRF, est un comportement inégalement réparti en fonction des couches sociales.

Traditionnellement, le seul cancer où cette situation n’était pas observée était le cancer du sein. En effet, l’âge précoce de première grossesse et un nombre élevé des grossesses sont des facteurs protecteurs vis-à-vis de ce cancer, plus souvent observés dans les familles populaires. Mais d’après les chercheurs de l’INVS, ce « bénéfice » tend à disparaître des statistiques.

Bien sûr il faut également noter que l’exposition à des cancers professionnels est plus souvent rencontrée dans les usines ou sur les chantiers que dans les bureaux.

Devant ce constat accablant, il est temps que les pouvoir publics évaluent leurs efforts en terme de prévention des cancers, notamment dans les populations les plus pauvres. Comment renforcer l’accès à des produits alimentaires plus sains à budget égal ? Comment favoriser un style de vie moins sédentaire ? Comment limiter les polluants dans l’environnement domestique et professionnel ? Il ne s’agit pas d’effet de mode, mais de santé publique.

A chaque niveau de la société, des énergies sont à libérer pour que l’épidémie de cancers soit freinée, et que les plus vulnérables soient protégés. Guerir.fr entend y prendre part avec ses membres.

Christophe Béguin
journaliste

A lire :

Bulletin épidémiologie hebdomadaire du 2 septembre 2008 / n°33 / Institut de veille sanitaire – http://www.invs.sante.fr

Photo :  bttoro – istockphoto.com

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par Christophe
Posté par maryna le 15/10/2008 22:44
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qu’est-ce qu’un pauvre ?

 

Eh oui .. récemment à la télé un grand professeur parlait de l’augmentation de l’espérance de vie. Une bonne chose n’est-ce pas ? oui mais il précisait aussi .. « pas pour l’ouvrier ! » . idem pour le cancer : les chances de guérison sont loin d’être identiques ! Mais l’inégalité sociale il ne faut pas en parler, ça concerne les autres .. les pauvres… mais qu’est-ce que l’autre ? qu’est ce qu’un pauvre ? QUI SOMMES-NOUS ?

alors au riche …

QUESTION :
Qu’est-ce qui vous surprend le plus dans l’humanité ?
Un maitre oriental a répondu :
Les hommes ! car ils perdent leur santé à accumuler beaucoup d’argent, ensuite ils perdent beaucoup d’argent pour retrouver leur santé.. et à penser anxieusement au futur ils en oublient le présent de sorte qu’ils finissent par ne vivre ni le présent ni le futur … ils vivent comme si eux n’allaient jamais mourir et ils meurent comme si eux n’avaient jamais vécu.

l’argent rend aveugle et pourtant fait tourner le monde.

Y a t il plusieurs espèces d’hommes pour qu’il y ait plusieurs prises en charge de malades pour un même cancer ?
où est l’égalité/fraternité ? oui les enquêtes sont alarmantes il serait temps de s’en inquiéter.

Heureusement que certains médecins (ouf) sont avant tout humains … et heureusement que certains journalistes écrivent de tels articles. Merci Christophe de soulever ce problème d’inégalité devant les soins …
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Posté par sylviart le 16/10/2008 09:08
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la course à la “vie”

 

Je vous rejoins tout à fait. le problème majeur est que personne ne cherche à savoir ce qu’est la vie. on court toujours après ce qu’on n’a pas. comme on dit l’herbe est toujours plus verte dans le pré voisin…
le père va travailler dur "pour sa famille" et un jour il s’éveille et voit que ses enfants sont presque adultes, il est passé à côté de tout.
tes citations sont supers, je me les mets de côté car c’est tellement la vie du monde que l’on a quitté via nos expériences récentes de cette maladie. à nous maintenant de faire "gangrène" et de remuer un peu tout ça pour que la vie redevienne agréable et sereine.

j’avais suivi une émission il y a quelques temps sur les productions pour les sous marques. à les écouter, ils mettaient les mêmes produits dans les contenants "marques" et sans marque car pour eux, ça couterait plus cher de produire différent. je veux bien le croire, mais il faut bien qu’ils récupère quelque chose. ça n’est que mon idée, mais je pense que la base de la prod est la même, mais qu’ils y rajoute autre chose pour y gagner quelque chose. 2 ex : gateaux au miel d’une marque suédoise, que ma fille m’avait ramené, comparé au "même produit" de la marque du magasin. je reconnais que notre gout a changé car on ne consomme plus de sucre (enfin je le suppose) mais le "suédois" était correct, l’autre j’ai eu du mal à avaler la boucher tant c’était sucré. en lisant la composition, c’est flagrant. et je ne parle pas de l’huile hydrogénée, et des senteurs qu’ils ajoutent afin d’exciter nos papilles (reflexe de Pavlov)
le lait pour bébé venu d’ailleurs, dans lequel une substance avait été ajouter pour augmenter les protéines, ou le poids… on connait le résultat.
bonne journée et vive les crèpes faites maison
sylviane
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Posté par ghis le 16/10/2008 10:07
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Cancer et pauvreté

 

J’ai pris beaucoup d’intérêt à la lecture de cet article et aux commentaires déjà ajoutés par nos deux amies. Certes, on le savait déjà, mais les piqûres de rappel sont toujours utiles et depuis que je fréquente le site une question me taraude, celle justement de la fréquentation et de l’intervention des classes dites populaires (je n’aime pas cette formulation, mais je ne sais comment formuler). N’y a-t-il pas une formidable barrière due à l’utilisation de l’écrit et souvent d’un certain niveau de langage dans tout ce qui est publié sur le site ? Nous préconisons souvent le recours à des tas de techniques dites parallèles pour mieux vivre la maladie, ses effets secondaires, pour mieux être en harmonie avec nous-mêmes. Ces techniques coûtent cher pour ne pas dire parfois très cher, surtout quand on cumule. Il y a inégalités face à la santé, inégalités face aux soins et aussi inégalités face à tout ce qui peut aider.J’ai souvent entendu pendant les traitements des gens dire : "Oh, moi, je ne sais pas ce qu’on me fait prendre et je ne demande rien", sous-entendu, je fais confiance. Mais le processus de guérison ne commence-t-il pas par une compréhension des phénomènes que nous vivons au plus profond de nous-mêmes et par une prise en charge de notre mental ? Les médecins gardent souvent auprès de ces personnes une aura : "Bonjour Docteur, pardon docteur, merci docteur…" Moi, petit membre de "Guérir", je veux bien prendre mon bâton de pèlerin, j’ai déjà essayé d’ailleurs, mais il y a tellement à faire. Mesdames et Messieurs les médecins, bougez-vous, ouvrez-vous !!! Hier j’ai eu occasion de parler avec le fils d’une amie, étudiant en médecine justement. Eh bien ! il y a encore du boulot !!! Ils ont l’air d’être toujours bien formatés dans les conventions bien traditionnelles ! Une grande mobilisation générale est nécessaire. Est-elle vraiment réalisable ? Nous sommes tributaires d’intérêts financiers phénoménaux. J’avais lu quelque part je ne sais plus où que le cancer faisait vivre plus de gens qu’il n’en tuait ! L’agro-alimentaire est une puissance phénoménale. C’est vrai que les produits bas de gamme n’ont pas la même composition. Je l’ai vérifié en procédant à la lecture détaillée de quelques emballages. On n’est pas prêts d’en sortir. Notre travail de fourmis semble bien vain face à toutes ces folies. Et je ne crois pas qu’un plan cancer 2,3,10 100 ne résolve les problèmes. Je n’ai même pas lu ce que dit Mme Bachelot.
Bon, je me demande si je ne vais pas me faire des crêpes à midi pour me remonter le moral…
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