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Janvilia a dit :
Bernard, Je viens depuis peu sur le site, étant concernée moi-même par la maladie depuis quelques … Lire la suite

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Bonjour Bernard, Oui vous m’avez fais pleurer, parceque vous partez de vous en 1er lieu,cela … Lire la suite

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«Des lueurs qui nous permettent d’espérer», par Bernard Giraudeau

Posté le 22/08/2008 par Editeur arobaz Envoyer par mail
Mot-clés: magazine

 

En 2000 Bernard Giraudeau est atteint d’un cancer qui l’obligera a subir l’ablation du rein gauche. Il doit réduire ses activités de réalisateur et comédien, mais il fait entendre sa voix à travers l’écriture de romans. Son dernier livre, paru en mai 2007, s’intitule « Les dames de nage », aux Editions Métailié. Il s’exprime régulièrement dans de nombreux médias pour partager sa vision du cancer et s’exprimer au nom des malades. Pour lui, le cancer a été une opportunité pour mieux se connaître. Bernard Giraudeau fait partie du comité de surveillance du site guerir.fr et nous a adressé une lettre très émouvante que nous partageons avec vous.

David,

Ceci n’est que mon témoignage, mon ressenti tout au long de la maladie. Chacun son chemin certes mais tous sont passés par les hôpitaux, les soins, la souffrance, le questionnement, la peur, les erreurs, l’injustice parfois, parce que nous sommes inégaux. Je crois sincèrement qu’il y a un mouvement, une prise de conscience puisque tout le monde est touché de près ou de loin.

Mais aucune molécule ne nous guérira, n’endiguera l’épidémie des pathologies s’il n’y a pas l’abnégation des chercheurs, des médecins, leurs regards sur la maladie mais surtout une meilleure connaissance du malade, de sa vie, de son terrain, de son rythme biologique, de son unicité.

Il faut être aussi dans la logique du patient, dans sa chronobiologie, mais nous sommes si nombreux… C’est beaucoup demander ? Non : c’est primordial.

Sans amour de l’être, de l’humain, il n’y a pas de guérison possible, la guérison de la maladie et la guérison de soi. Un médecin me disait, j’ai guéri des malades mais si la maladie ne leur à rien appris alors je ne les ai pas guéris.

Je disais épidémie car si la science soigne de plus en plus de maladies, il y a de plus en plus de malades. Elle court après la maladie.
Il faudrait avoir la connaissance suprême, nous ne l’avons pas. Le but visé est une meilleure qualité de vie, celui d’écrire une nouvelle page de vie et d’éloigner la souffrance. Apporter de la vie à notre vie comme me le dit souvent mon ami Thierry Janssen.

Il faut aider les malades à aborder des thérapies complémentaires en fonction de leur besoins et qu’elles soient accessible à tous.
Le médecin attentif devrait avoir le temps et la possibilité de bien connaître chacun de ses patients. Etudier le comportement des cellules implique, me semble-t-il, d’étudier le comportement du patient. Patient, un drôle de nom qui laisse le malade sous dépendance. C’est ce qu’il ne doit pas accepter. La médecine ne devrait avoir aucun préjugé et nous sommes tous d’accord qu’elle en a encore beaucoup.

Aujourd’hui, il me semble que des portes s’ouvrent, desquelles ne vient pas encore une lumière éblouissante, mais des lueurs qui nous permettent d’espérer, d’entrevoir des approches.

Ce mouvement circadien, cet inévitable lien entre l’homme et l’univers, il faut que la science en tienne compte. Pour certains chercheurs c’est déjà établi et nos enfants bénéficieront de cette connaissance globale, de cette médecine intégrative dont on commence fort heureusement à parler.

Il y a malades et médecins et la plupart d’entre eux ne savent rien de ce que nous vivons, ou si peu. Nous devons les aider.
Pour nous malades, il faut nous explorer.
Nous prendre en charge.
Sortir de l’isolement. Etre entouré, recevoir et donner de l’amour,
Communiquer.
Avoir un comportement adapté, une foi inébranlable.
Notre cancer est unique et les statistiques n’ont pas de sens.
Trouver le déséquilibre en soi, les peurs, les angoisses.
Il n’y a pas de combat, ni de lutte.
Ce n’est pas une guerre.
Ce n’est pas un ennemi, c’est notre corps.
Difficile et dommageable d’être frontal. Une maladie arrive, c’est le corps qui s’exprime. Si la maladie devient un ennemi visible, on ne soupçonne pas sa logique de guerre, son invisible guérilla. C’est sans fin. On ne vainc pas une guérilla.

Il importe d’être l’étrave. Chaque démarche doit être unique. Pour cela il faut donner à tous les moyens de la faire. C’est un luxe d’être malade aujourd’hui. Je veux dire que s’occuper de soi, aborder certaines thérapies, se prendre en charge et aller à la reconnaissance de la maladie demande du temps et souvent de l’argent. C’est parfaitement injuste. J’aimerais que ce ne soit plus un privilège. Le système et le profit n’aide pas en ce sens et il est urgent de bousculer les pouvoirs public et les politiques.

On sait aujourd’hui que la médecine scientifique, technologique, déjà très évoluée, ne peut pas tout régler. Elle a besoin de notre aide. D’où, encore une fois, le dialogue et nous sommes là pour ça : construire des ponts et arrêter de construire des murs.  Médecins, vous êtes, je le sais, si nombreux à chercher des passerelles, des ponts, des mains tendues.

GEORGES BATAILLE disait : Ne remettons pas notre existence à demain. C’est maintenant.

Bernard Giraudeau

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par Editeur
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Merci Bernard

Posté par petite-plume le 29/04/2008 14:33
Merci Bernard pour votre courage d’avoir été un des premiers à parler publiquement de votre maladie, et pour votre investissement personnel pour faire changer la médecine et la prise en charge du malade dans sa globalité, tout comme David, tout comme Thierry Janssen.
Je crois aux synchronicités : c’est en 2000 que vous avez eu connaissance de votre maladie, tout comme David de sa récidive.
Et vous vous retrouvez mainetnant, ensemble, dans ce combat.
Et si tout cela avait un sens ?
Vers plus d’humanité, plus d’entre_aide, et un changement de société ?
Voilà une bonne raison de vivre !

Petite Plume
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TEMOIGNAGE TOUCHANT

Posté par marielea le 29/04/2008 15:59
Bonjour! quel texte plein de force et tellement parlant pour nous!
J’ai surtout retenu cette phrase :" Mais aucune molécule ne nous guérira, n’endiguera l’épidémie des pathologies s’il n’y a pas l’abnégation des chercheurs, des médecins, leurs regards sur la maladie mais surtout une meilleure connaissance du malade, de sa vie, de son terrain, de son rythme biologique, de son unicité."
M.Giraudeau, il n’est pas si loin le temps où mes amies et moi, nous vous regardions avec tendresse, dans le "RUFFIAN" avec M. VENTURA!! quel merveilleux parcours que le vôtre! un grand merci pour votre investissement! nous sommes tous prêts à vous emboiter le pas pour faire avancer ce combat! MARIELEA
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vous m’avez fais pleurer

Posté par sophie le 29/04/2008 17:14
Bonjour Bernard,
Oui vous m’avez fais pleurer, parceque vous partez de vous en 1er lieu,cela m’a touché. Partir de l’ëtre humainqui est global, car nous faisons partie d’un ensemble ,une CHAÏNE HUMAINE…Chaque patient avec chaque medecin.Mon oncologue(je me l’appropie!)est quelqu’un de très réservé, je pense…bien que je le fasse rire,je dis ce que j’ai à dire,les moyens que je prends pour me soulager,lorsque j’ai mal à la main,(je n’aiplus de ganglions sous le bras droit) espérant que il va m’entendre…ou pûtôt cliquer lorsqu’il va rencontrer une patiente ,qui elle aussi aura le même genre de douleur!!!Est-ce de l’utopie de ma part ou de la foi pure?
Car si je me fie à son expression,il s’en fou!
Peut-être est-ce aussi juste une goutte de l’océan!
Voyez-vous ,mon medecin de famille une femme,avait oublié de me dire que,oui l’hormonothérapie était dangereuse pour moi(une de mes tantes est décédée du cancer du sein) oui, j’avais une masse au sein???c’est de moi-même que j’ai appellé le centre de radiologie!
Je n’ai trouvée le courage de retourner voire cette femme que pour lui dire calmememnt,qu’il y avait quelques petites choses qu’elle avait oublié de me dirent.
Bien entendu elle n’a rien reconnu,la seule chose que je me suis dis
pour avoir le courage de parler,c’est il y a d’autres femmes qui vont aller la voire.
Pensez-vous sérieusement qu’elle a reconnu son erreur?bien sûre que non…Je me suis servie de cela pour lâcher-prise .J’espère qu’elle va penser à ses patientes!
Je suis Française mais je vis au Québecv…et le système de santé est très différend.
Je crois toujours qu’il peut y avoir des changements à partir du moment ou chacun personnellement se sent concerné
Sophie

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La lettre de Bernard Giraudeau

Posté par maelwenn le 29/04/2008 17:47
Merci Monsieur Giraudau pour ces lignes pleines d’espoir et de "sens de l’humain" !
Je souligne tout spécialiement une phrase (même si toutes sont fortes) :

"La médecine ne devrait avoir aucun préjugé et nous sommes tous d’accord qu’elle en a encore beaucoup".


Bien à vous.

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MERCI

Posté par axelle wouters le 29/04/2008 20:26
Bonjour,
Ah, chouette encore un artiste qui met sa sensibilité et sa notoriété au service du bien d’autrui, c’est bien précieux.
Moi je suis médecin et je déplore bien l’évolution complétement technicisée de notre pratique médicale. Technicisée non pas par la technique spécialement mais par la façon dont on l’organise aussi bien dans la relation que dans la pensée que dans le reste. Il y a dans tout une pratique répétitive de technicien ou bien une élaboration qui tient compte de ce qui se présente de façon sensible et qui est artistique; créative. Je suis belge. En belgique, fait unique en europe je pense et peut-etre dans le monde, nous sommes diplomés médecin chirurgien et accoucheur en art de guérir et pas en technique de distributeur automatique de soins; et bien ce serait bien que cela revienne à cela pour tous, médecins, citoyens et patients.
Merci encore de votre témoignage et de votre démarche.
axelle wouters.
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un appel à Bernard gireaudeau

Posté par marynal le 21/06/2008 11:45
merci Bernard nous sommes touchées car entièrement d’accord avec tout ce que vous dites, votre article est des plus humains et ça fait du bien.. car le problème dans cette maladie c’est la prise en charge humaine qui manque pour 80% des français.. et disons que 30% n’y ont absolument pas accès..! sans rang social les délais de RV sont extrêmement longs, pas d’accès aux meilleurs traitements, meilleurs examens et bien sûr meilleurs cancérologues – et dans les grands instituts de cancer que nous connaissons bien il faut en prime affronter l’irrespect, l’impudeur, la froideur (pour un petit patient sans nom quelle galère !) SI LA PRISE EN CHARGE N EST PAS ADAPTEE POUR DE NOMBREUX FRANCAIS QUELLE GUERISON ESPERER ???? ALORS SVP BERNARD REJOIGNEZ NOUS et DEMANDER L EGALITE SES SOINS POUR TOUS ET TOUTES QUELS QUE SOIENT LE RANG SOCIAL L AGE LE SEXE LA NATIONALITE ET LE RESPECT DE LA DIGNITE POUR TOUS ET TOUTES. MERCI A VOUS. un groupe d’amies soignantes et soignées.
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égalité des soins

Posté par AnIscadore le 27/07/2008 18:58
bonjour Marynal,
Je pense que c’est un peu un fantasme de croire que l’on sera mieux soigné parce que l’on va dans les "grands" centres pour être pris en charge par les "meilleurs" ou les plus prestigieux cancérologues, quelquefois il est vrai imbus de leur notoriété ; quand j’ai été confrontée à la maladie, ma meilleure amie m’a presque suppliée d’aller me faire soigner dans l’Institut Régional le plus proche, très réputé certes ; avant de prendre ma décision j’ai rencontré puis choisi une équipe de proximité, et j’ai trouvé des soins rapides, de qualité, le tout avec beaucoup d’humanité et d’écoute (peut-être aussi parce que j’engage toujours la communication sans complexe et ne me laisse pas intimider par les médecins, fussent-ils des grands "pontes" ; que je demande toujours à comprendre – comme Sylviart – et "négocie" toujours mon traitement ; mais peut-être aussi que, de ce point de vue, notre personnalité fait que nous ne sommes pas égaux devant la maladie).
Les équipes médicales des "petits" centres communiquent en permanence avec les centres régionaux pour décider des protocoles de soins ; il y a des « rencontres au sommet », un partenariat rassurant (par exemple avant mon intervention chirurgicale, je suis allée faire une scintigraphie au CHR le plus adapté, et au moment de l’opération le chirurgien communiquait avec le centre de radiologie). Je ne regrette pas mon choix, mais je ne dis pas que cet exemple peut être généralisé.
J’ai aussi rencontré, dans d’autres circonstances, des chefs de service de haut niveau et d’une très grande humanité.
AnIscadore
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résonnances

Posté par AnIscadore le 24/07/2008 16:44
un enchaînement de circonstances m’ont fait rejoindre la communauté du site (ou des coïncidences telles que les définit "La prophétie des Andes") : j’étais passée en urgence chez mon médecin homéopathe, et dans la salle d’attente étaient affichées deux billets ; le premier annonçait une conférence de DSS près de chez moi, et j’y ai assisté, ce qui m’a décidé ; le deuxième, c’était une citation si forte que je l’ai apprise par coeur pour bien l’intégrer "Si quelqu’un me guérit et me retire mon mal, j’entends aussi qu’il me hisse au niveau de conscience que j’aurais atteint si j’avais moi-même résolu ce que ce mal devait m’apprendre.
Sinon, s’il me laisse dans le même état de conscience après m’avoir retiré mon mal, il me vole l’outil de CROISSANCE que peut être cette maladie."
Votre témoignage active cette résonnance, et je voulais la faire vibrer jusqu’à vous.
Avec toute mon amitié à vous qui faites partie depuis longtemps de mon paysage.
AnneIscadore
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Bravo!

Posté par Nootsi le 01/08/2008 10:25
Merci, Bernard, de ce long texte qui sonne si juste!

Je souhaiterais ajouter une phrase d’Hélène Trocmé-Fabre (J’apprends donc je suis" Ed: Organisation paru au début des années 80)

"L’occident a jusqu’ici, cruellement manqué de passerelles entre savoir et savoir être, entre réalité et imaginaire, entre émotion et expression, entre monde estérieur et monde intérieur".

Bravo pour avoir construit une passerelle supplémentaire!

Nootsi

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Merci de votre précieux témoignage

Posté par Janvilia le 12/10/2008 23:54
Bernard,
Je viens depuis peu sur le site, étant concernée moi-même par la maladie depuis quelques mois et je voulais vous dire que je me suis retrouvée dans certaines de vos phrases notamment quand vous dites que ce n’est pas une guerre ce cancer parce qu’il est en nous. C’est notre corps…Je n’ai jamais ressenti de révolte ni de colère. Une fois que le diagnostic était là, j’ai eu besoin de m’informer beaucoup à chaque étape et d’essayer de répondre aux besoins du moment de mon corps et de mon esprit(notamment des séances quotidiennes de sophrologie et un changement dans mon alimentation). Je suis médecin mais ma maladie m’a sans doute appris plus sur moi-même en cinq mois que toutes ces années de médecine conventionnelle….Je chemine lentement mais surement à présent, me sentant beaucoup plus sereine, débarrassée des petits soucis quotidiens. J’apprécie tous les jours un peu plus mes enfants, mon mari, mes amis….Le cancer peut aussi amener des cadeaux….Un de ceux-ci sera votre livre que je vais lire tout prochainement…Encore merci.
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cadeaux du cancer

Posté par sylviart le 13/10/2008 09:41
j’adhère tout à fait à votre message janvillia.
comme je l’ai dit, on se découvre différents et on vit les choses avec plus d’intensité. on observe plus ce qui est à notre portée et je suis ravie d’avoir eu cette expérience à 46 ans car je vais vivre mieux et plus longtemps. il faut juste prendre les bonnes décisions lors du diag.
sylviane
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